Une succession de guerres

Un site fortifié depuis bien avant le XIIIe siècle 

 

Le site dût être fortifié à une haute date. Cependant les plus anciens vestiges que l’on peut déceler ne remontent pas au-delà du XIIIème siècle. C’était alors une forteresse militaire de plan carré. Les murs très épais percés d’archeries témoignent de cette époque. En 1492, Charles VII, conscient de sa valeur stratégique, autorisa le renforcement des défenses.

Le vieux château fut alors cantonné de quatre grosses tours d’angles pour permettre la protection des murailles par des tirs de flanquements et, comme l’artillerie commençait à devenir très efficace, l’ensemble fut doté d’embrasures pour canons. Par son architecture, le château permettait d’assurer une défense passive et une défense active. 

 

La défense passive ou "comment voir sans être vu" 

Résister à une attaque et pouvoir soutenir un siège conditionnent les règles d’architecture militaire au Moyen-Age. De par sa situation, le château profite déjà de la défense naturelle constituée par le Layon et en même temps du fait de la hauteur du promontoire, il s’assure une vue sans obstacle sur Saint-Aubin de Luigné et la campagne environnante. L’escarpement rocheux continuant de s’élever derrière lui, il est construit à contre-pente, stratégie militaire pouvant tirer parti de « voir sans être vu ».

Au Moyen-Age, le siège est le moyen le plus sûr pour s’emparer d’un lieu fortifié. L’agresseur dispose de plusieurs moyens d’assaut successifs et conjugués (les tirs, le minage des fondations, la brèche, l’escalade, l’encerclement, etc.). Il faut donc décourager l’adversaire par une multiplication d’obstacles permanents et incessants.

Le donjon, un refuge... puis un logis

Etymologiquement, le terme désigne le coeur féodal de la forteresse, c’est-à-dire la motte. Le donjon est constitué d’une courtine intérieure. Toujours carré au XIIIème siècle, il est exclusivement conçu comme refuge. Dès le XIVème siècle, il peut désigner la tour maîtresse où s’exprimait le pouvoir féodal.

La courtine extérieure, tracée d’après le relief naturel du terrain, enveloppe le donjon et permet dans cette seconde enceinte, la mobilité des soldats. Elle détermine le plan d’un « château-cour ». C’est un ensemble défensif, méthodiquement coordonné, lui même entouré par une muraille plus basse.

Tous les bâtiments se rangent sur le pourtour et aux entrées de la cour, opposant à l’attaque la masse de leurs murs. Cette courtine extérieure est construite plus légèrement en pierre flanquée de tours semi-circulaires. Sa crête est plus basse, ce qui permet de superposer les tirs et de ne pas gêner ceux provenant du « corps de place » du donjon.

La courtine intérieure commande donc celle de l’extérieur, laquelle étant éventuellement prise par l’assaillant, peut être défendue. D’après Auguste Choisey, sa largeur est réglée d’après la portée maximale des arbalètes qui doivent croiser leur tir dans l’intervalle d’une tour à l’autre à savoir une limite de 40 mètres environ. C’est exactement la mesure latérale du donjon de la Haute-Guerche.

Au XIV et XVème siècle, le donjon est aménagé pour servir de logis au seigneur. Le besoin de bien-être l’emporte sur les précautions défensives.

Un souterrain partant vraisemblablement des caves du château, taillé dans la roche, passait sous le Layon et permettait une sortie discrète vers la ferme des Roches située juste en face.

 

La défense active provoque des transformations radicales

Une grande nouveauté du XIIIème siècle : l’abandon de la défense passive au profit d’une défense active qui prend en compte la multiplication et l’amélioration des machines de guerre. Les transformations dans l’architecture de défense sont radicales.

Le tir s’effectue en général perpendiculairement à la courtine qui protège le tireur. Les archères et créneaux permettent d’obliquer légèrement un tir parallèle à la courtine.

Aux angles Nord et Ouest, deux décrochements rectangulaires dans la muraille appelés « flanquements » permettaient de tirer latéralement, protégeant ainsi l’angle Nord le plus exposé au commandement du Layon. L’espacement des points de tirs est tributaire de la portée des armes de jets, soit au XIIIème siècle : 15 à 20 mètres. Bien que les parties sommitales des murs aient été détruites, on peut admettre l’idée de toitures ou terrasses crénelées.

Ces parties devaient être munies de mâchicoulis de bois assurant dans la défense, un flanquement vertical. Les mâchicoulis forment une sorte de galerie de charpentes en saillie sur le nu du mur, établies sur des solives engagées dans la maçonnerie. Des trous de boulins peuvent témoigner de cet appareillage. Des orifices aménagés dans leur sol permettaient de précipiter sur l’ennemi, blocs de roche, pots de feu, grégeois, poutres qui s’écrasaient sur l’adversaire.

Au XIVème et XVème siècle, pour enrayer l’invasion anglaise, l’ancienne forteresse est encore une fois renforcée et réaménagée.

En effet, le canon fait son apparition dès 1346. Même s’il est au début plus bruyant qu’efficace, il faut adapter les ouvertures de tir à cette nouvelle arme de guerre.

Ainsi, dès la fin du XIVème siècle, les anciennes archères se transforment en archères canonnières, puis au milieu du XVème siècle, en véritables canonnières. Le boulet métallique est employé à partir de 1430, rendant la forteresse obsolète malgré les murailles renforcées et les bouches de feu percées à la base des édifices.

Des meurtrières de type ancien, présentant une très étroite ouverture, qui étaient parfaitement adaptées aux tirs de flèches, sont complétées par des canonnières écrasées horizontalement vers l’extérieur. Les archères simples se transforment en archères cruciformes. L’apparition du boulet métallique en 1432 et de la bombarde modifie donc les données traditionnelles de l’architecture défensive.

Pour compléter, l’entrée est pourvue de barbacanes munies de grosses bouches à feu. Leur positionnement à la base des murailles permet le tir rasant au niveau des fossés. Les canonnières ne peuvent servir, de l’intérieur du château, que pour le tir d’armes portatives (arquebuses, mousquets, couleuvrines…).

Au milieu du XVème siècle, l’invention des boulets de fonte permet de tripler la puissance de tir et ainsi de faire des brèches à distance ce qui décidera peu à peu à abandonner définitivement la construction de châteaux forts.

Les grandes batailles de la Haute Guerche

La fin tumultueuse du XIIIème siècle et le début cahotique du XIVème siècle 

La fin du XIIIème siècle n’est qu’une suite de guerres, d’exactions et

d’ambitions intolérables de la part du pouvoir. Les rois de France et d’Angleterre se disputent le royaume de France

persuadés chacun d’être l’héritier de la couronne. Des guerres avec les anglais se succèdent : destructions, pillages ravagent les campagnes.

Une première crise économique en 1314-1316 suite à de mauvaises saisons qui font baisser les rendements, les récoltes ne suffisant plus à nourrir la population. La famine de 1315 à 1317 réduit la population de moitié et favorise les mouvements de révoltes.

Par ailleurs, des maladies infectieuses se répandent en Europe dont une

des plus mortelles : la peste qui sévitra à Angers de 1300  jusqu’en 1650.

Les guerres de 100 ans 

L’Anjou fut secoué par la guerre de cent ans (1337/1453). Plusieurs seigneurs de la Haute Guerche ont pris part à ces conflits.  

C'est le cas notamment du chevalier Baudoin de SAVONNIERES qui aimait la guerre passionnément. Il a été fait trois fois Maréchal de l’Host ou de France, titre porté en l’honneur de ses participations très actives à la guerre.  Mais le 26 août 1346, Edouard III, roi d’Angleterre depuis 1327, attaque la Normandie, ravage, pille et remonte la Seine jusqu’aux abords de

Paris. Avec les troupes de Philippe V d'Espagne, ils se rejoignent à Crécy près

d’Abbeville et la bataille s’organise. Baudoin de SAVONNIERES, qui devait avoir un peu plus de trente ans, est tué lors de cette dure bataille sanglante.

Quant à Guillaume de la JUMELLIERE, conseiller militaire de Gilles de Rays et l'un des fidèles chevaliers du bon Roi René d'Anjou, il participe

activement à la résistance et à la libération de la ville d'Orléans qui devait permettre à Jeanne d’Arc et à Charles VII de rejeter les anglais hors de France. 

 

Les guerres de religion du XVIème siècle

La France se divise entre les catholiques et les protestants. Le duc d’Anjou couronné, sous le nom d’Henri III (1574-1589), reprend les hostilités contre Henri de Navarre à la tête des huguenots, les réformés. Les protestants s'emparent d’Angers en 1562. Les catholiques se défendent à coups de hallebardes. Ce ne sont que tueries et atrocités barbares où le sang coule

abondamment.

Les catholiques indignés, réagissent en formant, sous la direction du Duc de Guise une « ligue de défense de la sainte église ». Dans ces temps d’hostilité, Baudouin de GOULAINES, fils deFrançois, Baron, tient alors en 1592, La Guerche pour la Ligue. Ardent et infatigable comme les autres ligueurs, il est en communication avec le duc de Mercoeur, gouverneur pour la Ligue

de la Bretagne.

Les huguenots parcourent l’Anjou, pillent les églises et tuent. La Grande Guerche est assiégée par les « Courbousons » commandés par La Trémoille, Malicorne et Donadieu de Puycharic, Gouverneur de la place d’Angers. Ces derniers arrivaient de Rochefort sur Loire, qu’ils venaient d’assiéger en vain pendant deux mois. Ils n’eurent pas plus de succès à la Grande Guerche qui résista à son tour. Ce fût le dernier siège connu de ce château.

Les guerres de Vendée, Blancs contre Bleus

En mars 1793, deux mois après la mort de Louis XVI, prêtres, nobles et paysans vendéens se soulèvent dans l’Ouest de la France ; la Convention lève 300 000 soldats et la garde nationale recrute.

Contre la conscription et pour leur Dieu, ces fervents catholiques, partisans du drapeau « BLANC » de l’ancienne royauté prennent les armes et forment une armée. Ils combattent les « BLEUS », soldats républicains qui servent la

Convention.

 

En janvier 1794 six divisions constituées en 2 colonnes incendiaires appelées « les colonnes infernales » menées par Turreau ont pour mission d’éradiquer toutes résistances. Eglises, châteaux et chaumières sont pillés et incendiés.

La rive droite du Layon est républicaine ; la rive gauche se soulève.

 

Le château de la Haute Guerche est abandonné. Les fermes du voisinage ne tardèrent pas à être incendiées tout comme une quantité de châteaux de la région mais le château de la Haute Guerche va rester intact. En juillet

de cette même année, sous prétexte que la Guerche est le refuge d’un repaire de brigands, VIAL, le maire de Chalonnes-sur-Loire requit le Général Moulin à y mettre le feu. Il n’en resta que les murs. VIAL, écrit dans ses comptesrendus : « c’est moi VIAL qui ai requis le général MOULIN de faire marcher sa colonne sur le château de la Haute-Guerche. Nous y avons été ensemble. Nous y avons trouvé le couvert pour 12 personnes qui sans doute ont pris la fuite, laissant leurs armes cachées dans les foins et

les pailles que les flammes ont fait partir… ».

 

La légende raconte qu’on célébrait ce jour-là le mariage d’un jeune officier vendéen qu’avertis d’un danger imminent, la compagnie gagna en toute hâte le conduit souterrain passant sous la rivière pour se mettre en lieu sûr. On n’a jamais retrouvé le départ du souterrain dont on connaît pourtant une sortie sur l’autre rive du Layon. Le château et la chapelle incendiés se consument pendant plusieurs jours. Le feu y est remis plusieurs fois…

 

En mai 1794 la stratégie est abandonnée. Les excès des troupes bleues sont dénoncés par le Comité du salut Public et la majorité de la Convention.

La guerre de Vendée fut une des plus graves, longues et meurtrières guerres civiles de l’histoire française avec 170 000 victimes vendéennes et 70 000 soldats républicains.

Témoignage d’un administrateur militaire républicain :

 

« qu’il me soit permis de peindre

ici l’horreur qui régnait dans ces contrées… Tout ce que je pus voir de maisons, de campagne, de chaumières sur la route et dans les bois riverains étaient la proie aux flammes. Le ciel

était obscurci de fumée. Quantité de cadavres répandus ça et là commençaient à infecter l’air…

Les armes offensives utilisées durant le Moyen Age jusqu'à l'invention de la poudre sont toutes plus ou moins dérivées d'armes connues depuis l'antiquité : l'arc, l''arbalète, la masse d'arme, le fléau d'arme, les armes d'hast. 
Les machines de guerre servent à attaquer les châteaux forts : la baliste laisse rapidement sa place aux machines à balancier. mangonneaux, trébuchet, couillard. 
À partir du XVIe siècle ces machines à contre-poids tombent dans l'oubli, remplacées par les armes à feu. Vers le XVIe siècle, leur utilisation est généralisée. Les développements ultérieurs de ces armes donnent l'artillerie sol-sol telle que nous la connaissons actuellement.

CANOPÉ Académie de Caen

Photo : Dominique Milliez

"Des Racines et Des Ailes 
Reportage "La Guerre de Cent Ans entre vérité et légende" en intégralité.
 

Massacre de la Saint-Barthélemy le 24 aout 1572 

Guerres de Vendéee :  Le "Génocide républicain"

BGUERBET

illustrations de Marie Boisson

© 2016 par Château de la Haute Guerche. Créé avec Wix.com

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Les réfugiés d'Evariste Carpentier.