Une forteresse seigneuriale

 

 

 

 

 

 

 

Un chantier impressionnant

 

Paysans libres, serfs, très jeunes et moins jeunes, femmes aussi, tout habitant du fief en âge d’accomplir un travail, était levé pour

participer à la construction de la forteresse seigneuriale, sous la conduite du maître, qui menait souvent lui-même le chantier. Juste retour des choses, les gens du fief pouvaient, en cas d’attaque, quitter leur chaumière et leurs huttes pour trouver un refuge dans l’enceinte.

TITRE MODERNE

Un chantier impressionnant s’étend aux alentours pour organiser les défenses du fief tout entier. La maîtrise de la fonte du fer et la forge d’outils solides permettent alors la construction dure, en pierres. Le maître d’oeuvre qui était à la fois carpentarii et lapidarii (charpentier et tailleur de pierres) surveille son chantier.

 

Fabriqués sur place, les outils sont constitués de bois abattus dans les forêts voisines et de fer forgé sur place. Des paysans transportent avec les chariots des cailloux pour les répandre sur la chaussée. Il y a aussi les terrassiers avec leur houe, bêcheurs, piocheurs, défonceurs avec leur masse, tailleurs avec leurs tranchoirs, ouvriers travaillant aux parements portant des hottes d’osier contenant le mortier, les charpentiers, forgerons, mineurs qui firent les voûtes et taillèrent les fossés, les puits, le pont, le moulin, les échafaudages, etc. Le donjon n’est pas seulement un refuge défensif. Le château fort toujours organisé pour l’attaque est conçu avec une remarquable intelligence guerrière, comme le centre d’une stratégie très élaborée.

Photo Jean-Yves Boisson

Photo Jean-Yves Boisson

Photo Jean-Yves Boisson

Photo Dominique Milliez

Photo Jean-Yves Boisson

Photo Jean-Yves Boisson

Photo Dominique Milliez

Photo Dominique Milliez

DES MATERIAUX LOCAUX

La carrière de pierres de schiste ayant servi à cette imposante construction se trouve sur place, à 100 mètres au bord du Layon, ce qui limitait au maximum le transport de ce matériau lourd.

 

La pierre de tuffeau, calcaire blanc et tendre, est utilisée plus tard, à partir du XIVème siècle pour les parties ouvragées des portes et des fenêtres. Elle provient des régions de bord de Loire vers Saumur.

Le calcaire coquillé provient de la région de Doué la Fontaine. Ce calcaire dur et doré a été utilisé pour la construction des consoles des 3 tourelles du corps de garde et l’escalier.

Le granit plus solide est réservé pour les premiers lits de pierre ; la porte ogivale d’entrée de la tour d’escalier est en bon état et les fenêtres à meneaux regardant au Nord-Est à l’extérieur du château.

Le mortier est un mélange de chaux de sable et d’eau. Seuls les parements extérieurs des murs étaient soigneusement maçonnés ; l’intérieur des parements étaient remplis de pierre et de terre. La

carrière de pierres à chaux la plus proche se trouve à environ 600 mètres.

LE CLIMAT COMMANDE L'ORIENTATION DES BÂTIMENTS

 

L’orientation des bâtiments tenait compte également du climat et de la position du soleil : sur son promontoire, le château jouit de l’air, s’abrite des brouillards, n’est pas morfondu en hiver par les gelées ni en été

trop échauffé.

 

MAIS OÙ SONT PASSÉES LES DEUX ALLÉES D'ACCÈS SEIGNEURIALES ?

 

Pour mieux comprendre l’implantation de ce château fort, il est important d’attirer l’attention sur son accès actuel qui n’a rien à voir avec celui d’origine.

Le château de la Haute-Guerche n’était pas isolé comme il l’est aujourd’hui. Sa fonction défensive et juridique l’intégrait à la vallée et au village de Saint Aubin de Luigné par deux grandes allées seigneuriales, en contre-bas du château :

l’une au Nord-Est, parallèle au Layon en direction de l’église du village, aboutissant vraisemblablement à un pont dont nous n’avons à ce jour aucune trace (il faut rappeler que le Layon a été canalisé par Monsieur, frère de Louis XVI d’où l’appellation « canal de Monsieur » au 18ème siècle).

l’autre vers l’Est passant par « La Bergerie » et faisant emprunter le pont de pierre actuel.

 

En s’imaginant être un visiteur d’autrefois, l’approche et la perception seraient donc très différentes. On se trouverait, à l’arrivée, devant une masse architecturale très imposante, avec une succession de portes fortifiées. On « monterait » alors au château planté sur son éperon rocheux, au lieu d’y « descendre » comme on le fait aujourd’hui, empruntant les terrains réservés aux jardins potagers. L’entrée actuelle se situe au Sud.

 

 

LA BASSE-COUR, UN LIEU ÉCONOMIQUE VITAL

Par le porche crénelé, on pénètre dans la « basse-cour » espace fortifié et clos réservé aux dépendances et au travail domestique, à l’élevage des volailles, réserve de produits vivants disponibles immédiatement.

La basse-cour est toujours placée à proximité de l’habitation seigneuriale. Elle

est vitale dans le système économique rural de l’époque. Elle assure l’alimentation des paysans mais est aussi une source de commerce sur les marchés. Cette basse cour (ou bayle inférieur) fortifiée de 42 mètres de diamètre environ était la partie la plus animée du château.

Le personnel et la garnison vivaient et travaillaient dans les bâtiments

où se trouvaient logis, casernement, écurie, étable, poulailler, porcherie,

chenil, grange à grain, cellier et tout équipement nécessaire à la vie du

château, y compris la chapelle. Les paysans, domestiques, enfants s’y croisaient ainsi que les animaux, ce qui contribuait à la vie de ce lieu.

 

Trois entrées fortifiées protègent cette basse-cour :

- à l’Est, la principale entrée, d’origine, protégée par ses barbacanes,  

- à l’Ouest, l’accès à la chapelle,

- au Sud, celle utilisée aujourd’hui comme entrée principale qui servait d’accès aux jeux de paume.

LE GRENIER D'ABONDANCE, UN HALL VENTILÉ    

Cette cour abrite un très beau grenier d’abondance (ou de rentes). Ce bâtiment date du XIIIème siècle, mais a été agrandi au XVème siècle. On y engrangeait les récoltes dans un bâtiment de service qui, tel un hall ventilé permettait de stocker au mieux les denrées.

 

Cette installation comprenait également une maison d’habitation pour les domestiques et personnels d’écuries. Des fenêtres à meneaux ont été percées à l’Est et d’autres fenêtres sont créées au Nord pour maintenir le bâtiment frais, ce qui explique cette grande façade en partie aveugle. C’est la seule partie du château à ne pas avoir été incendié au cours des guerres de Vendée.

LA HAUTE COUR OU COUR D'HONNEUR, LE LIEU DE COMMANDEMENT

Elle représente la cour de réception du logis seigneurial au sein du château.

Dans le cadre de la Haute-Guerche, il s’agit plus du lieu constituant la forteresse militaire de défense, le lieu de commandement et le symbole de l’autorité seigneuriale.

LA CHAPELLE, SYMBOLE DE LA PURETÉ

Dans le bayle inférieur, une magnifique chapelle, tournée vers l’Orient, est édifiée à la fin du XIVème siècle sur une terrasse fortifiée. Cette chapelle de 60 m2 est importante en volume ; le chapelain y célébrait les offices pour tous les habitants du lieu.

 

Une annexe latérale avec cheminée était réservée au seigneur qui disposait en outre d’un oratoire au sein du château. La chapelle brûle avec le château au cours des guerres de Vendée de 1793. Elle fut massacrée : pierres brisées, autel démoli… Aujourd’hui, restaurée, elle présente son volume d’origine.

 

Des fouilles entreprises en 1975 ont permis de découvrir un puits de 16 mètres de profondeur, alimenté par une rencontre de deux filets d’eau qui traverse la chapelle dans l’axe de l’autel pour rejoindre le Layon (l’eau est symbole de pureté d’où la présence de la chapelle).

LE PUISSANT LOGIS SEIGNEURIAL

Le logis seigneurial était un puissant quadrilatère construit sur un éperon rocheux, flanqué de quatre grosses tours dont 3 subsistent aujourd’hui. Le tout était entouré de fossés secs, aujourd’hui comblés. Du logis seigneurial, il ne reste que quelques murs mais on saisit ce qu’étaient son ampleur et sa beauté en observant l’embrasure des fenêtres à meneaux et la hauteur des pièces ;

il comportait deux étages.

 

Au pied de la tour d’escalier pentagonale percée d’élégantes fenêtres, se trouve

la porte d’entrée de forme ogivale. Elle donne accès à un escalier de pierre à vis

qui dessert les logements sur deux niveaux dans deux bâtiments en équerre comprenant plusieurs appartements de maîtres, cabinets, antichambres et greniers.

 

 

UN DONJON SAVAMMENT EXCENTRÉ 

Le donjon carré n’occupe pas le centre de l’enceinte fortifiée comme au XI et XIIème siècle mais il est positionné sur une rive, de manière qu’il puisse être secouru du dehors.

LE CORPS DE GARDE ET SES TROIS ÉLÉGANTES ECHAUGUETTES

 

Pour accéder au château depuis la Basse-Cour, on entre par une porte fortifiée, dont on aperçoit les vestiges de mâchicoulis. Un corps de garde, accolé au mur d’enceinte et agrandi au XVIème siècle surveillait l’accès au pont-levis. Sa muraille est flanquée de trois élégantes échauguettes restaurées au XXème

siècle. Construites en briquettes rouges et ornées de cordons vernissés de briques noires, elles offrent à l’entrée un décor terre-cuite apprécié dans cet univers de pierres grises.

LE PUITS A L'ABRI DE L'ENNEMI

Le deuxième puits qui alimente le château, se trouve à l’extérieur de l’enceinte.

Il est accessible depuis la tour Ouest par une caponnière. Le petit fort de l’entrée, « les barbacanes » renforçait la surveillance du puits, point vital en cas de siège. Ainsi était-il à l’abri de l’ennemi qui aurait pu empoisonner l’eau et s’assurer ainsi la victoire.

 

UNE CUISINE EXTÉRIEURE, ANTI-INCENDIE

Les vestiges de deux fours à pain et deux fours à pâtisserie superposés et d’un grand déversoir qui s’évacue dans le fossé, attestent de la présence d’une cuisine dans la Haute-Cour. Située en extérieur, elle permettait de diminuer les risques d’incendie.

© 2016 par Château de la Haute Guerche. Créé avec Wix.com

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